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Le blog de Lionel

18 févr. 2011
Les arbres nord-américains moins rapides que le changement climatique
vue aérienne d'une forêt tempérée
Le changement climatique risque de modifier fortement la composition des forêts

Le vent joue un rôle essentiel dans la reproduction de nombreux végétaux. Il permet à la fois la dissémination du pollen (chez les végétaux anémogames – du grec anemos, vent, et gámos, union), et la dispersion des graines (chez les végétaux anémochores – du grec choré, espace, région, contrée). Or le changement climatique risque d'avoir un impact important sur les vents parcourant certaines régions du globe.

On savait déjà que, sous l'influence de l'augmentation de la concentration en dioxyde de carbone dans l'atmosphère, les arbres atteindront à l'avenir leur majorité plus tôt dans la saison, et produiront davantage de graines. Une bonne chose ? Pas si sûr. En effet, l'affaiblissement des vents de surface risque d'empêcher la dispersion correcte des graines, limitant la dissémination des espèces d'arbres concernées.
Alors, le réchauffement climatique, avantage ou désavantage pour les arbres d'Amérique du Nord ?

D'après l'équipe de Gabriel Katul, chercheur à l'université de Jérusalem, la balance penche plutôt du coté du désavantage. Les chercheurs ont étudié l'influence du climat sur la propagation de 12 espèces d'arbres nord-américains, dans les conditions actuelles et dans les conditions prédites par les modèles climatiques à l'horizon 2060. Ils ont découvert que ces espèces auront un plus grand potentiel de dispersion dans le futur, car leur fécondité augmentera fortement, tandis que les modifications de la vitesse des vents n'auront qu'une influence minime sur leur écologie. Toutefois, cela ne suffira pas à contrebalancer les effets négatifs du changement climatique. On estime aujourd'hui que les modifications de température se propageront à une vitesse estimée entre 300 et 500 m par an. Or la plupart des arbres étudiés sera incapable de se déplacer aussi vite.

La composition des forêts risque donc d'être fortement bouleversée, les espèces les plus sensibles aux changements de température disparaissant à mesure que les conditions environnementales se modifieront. Avec quelles conséquences pour l'industrie du bois, le cycle de l'eau, les loisirs forestiers ? Bien clairvoyant qui pourrait le prédire...

Posté par Lionel à 19h07
2 commentaire(s)

Commentaires

Portrait de Lionel

Effectivement, le climat a changé par le passé. Toutefois, il ne faut pas confondre ces changements, liés à des phénomènes naturels et s'étendant sur des dizaines de milliers d'années, ou très localisés géographiquement, avec celui qui est en cours en ce moment, brutal, qui touche l'ensemble de la planète et qui est, selon toutes probabilités, lié aux activités humaines.
Je ne vais pas redévelopper ici l'argumentaire scientifique, cf. le livre Climat: une planète et des hommes, entre autres (plus digeste que les travaux du GIEC).
Concernant les modèles, ils n'ont évidemment pas vocation à tenir lieu d'oracles. Ils sont encore imparfaits, et ne représentent toujours qu'une partie du système climatique. Toutefois, au fil des années, des découvertes scientifiques et des avancées technologiques, ils s'étoffent, s'affinent et deviennent plus complets. Aujourd'hui, tous s'accordent sur une tendance à une augmentation de la température mondiale résultant des activités humaines. Connaître en détail les conséquences locales des changements liés à ce réchauffement planétaire est difficile, car les limitations et incertitudes sont nombreuses. Mais nous comprenons le climat aujourd'hui mieux qu'hier, et moins bien que demain...

Portrait de rhodos72

Il convient d'être très prudent vis à vis des modéles informatiques.

Le climat change certes,mais il a toujours été instable , glaciations, périodes chaudes se succédent ! Des végétaux disparaissent ou se modifient. Prédire ce qui va se passer en 2060 reléve de la climatomancie ! En effet, dans les années 1960, les modéles (...) de l'époque prévoyaient un refroidissemnt du climat avec force images cataclysmiques !
A cette période , j'habitais à Paris près de la gare Saint Lazare,l'hiver se passait dans un brouillard jaune : la purée de pois . Et ,on se chauffait au boulet de poussiére de charbon !! La pollution était énorme alors qu'aujourd'hui ,il n'y a plus ce phénoméne de ciel jaune verdâtre ,sauf erreur de ma part .
Mais protéger notre nature , même si dans nos régions elle est entièrement artificielle, reste une priorité essentielle !

Merci de votre apport documentaire

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17 déc. 2010
Un coupable un peu trop idéal...

Deodroctonus poderosae, scarabée incendiaire ?
(image USDA Forest Service)

Les Montagnes Rocheuses. Rocky Mountains pour les intimes. Près de 5000 km de solitude sauvage s'étendant du Nouveau Mexique à la Colombie Britannique. Une muraille dont les plus haut sommets dépassent les 4000 m d'altitude. Pics enneigés, lacs cristallins et interminables forêts de conifères. Immuable et paisible en apparence, la contrée du légendaire Bigfoot est depuis quelques années le théâtre d'un drame hitchcockien. Dans le rôle de l'innocent injustement accusé : le Dendroctone du pin (Dendroctonus ponderosae). Enfin, un innocent aux mandibules pas si propres que cela, puisque ce scarabée de la famille des Curculionidae est responsable depuis plusieurs années de la destruction de millions d'hectares de forêts, dans l'Ouest du Canada et des États-Unis. Il a en effet la mauvaise habitude, du point de vue des pins, de se nourrir de leur phloème, partie intérieure de l'écorce qui conduit la sève. Incapable de dégrader lui-même la cellulose dont ce tissu végétal est composé, le Dendroctone  est aidé par un complice qu'il transporte partout avec lui : Ophiostoma montium  (= Ceratocystis montia), champignon xylophage de son état (qui dégrade le bois).

Sur les pentes de Avalanche Peak, entre le parc de yellowstone et la forêt de Shoshone, dans le Wyoming, de nombreux arbres sont victimes de D. poderosae
(© Roy Renkin, National Park Service)

Résultat, des pans de forêt morte tellement étendus que les satellites de la NASA peuvent les détecter depuis l'espace... Et des quantités astronomiques de bois sec. Et qui dit bois sec dit, selon toute logique, risques accrus d'incendies au coeur de l'été. Donc le scarabée est coupable d'aggraver les incendies. CQFD.
Heureusement pour la réputation du Dendroctone, Monica Turner et Phil Townsend, écologues à l'Université du Wisconsin, ne se sont pas arrêtés au bon sens populaire. Ils ont étudié les cartes satellites des forêts malades, et les ont comparées avec celles de feux de forêt récents. Et là, surprise : non seulement les forêts présentant de larges zones de bois secs ne semblent pas brûler mieux ou plus souvent que les autres, mais dans certains cas, les incendies y seraient même moins sévères.

Les chercheurs ont deux explications simples à ce résultat apparemment incompréhensible. Tout d'abord, bien que les aiguilles des pins, vertes et luisantes, semblent peu susceptibles de prendre feu, elles contiennent de grandes quantités d'huiles volatiles hautement inflammables. Lorsque l'arbre meurt, ces huiles se dégradent, et donc les épines s'enflamment moins facilement. Ensuite, lorsque les scarabées tuent un pin, ses épines tombent au sol et se décomposent très rapidement. En quelque sorte, les scarabées amaigrissent la forêt. Les arbres nus qui subsistent après leur passage ralentissent la progression des feux, et même leur départ : avez-vous déjà essayé d'allumer un feu de camp sans brindilles, avec simplement d'épaisses bûches ? Bonne chance...

Les charges de pyromanie sont donc levées contre Dendroctonus ponderosae. Ce qui ne l'exempte pas de toutes les accusations : en 2008, des chercheurs ont estimé qu'il pourrait être à l'origine d'un cercle vicieux aggravant le changement climatique. En effet, celui-ci entraîne des hivers plus doux dans la région, qui favorisent la survie des larves de scarabée. D'où un plus grand nombre d'arbres détruits chaque années, avec pour conséquence un impact non négligeable sur l'aggravation du réchauffement climatique...

Posté par Lionel à 16h24
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29 sept. 2010
Métaux lourds contre bactéries
Photo de <i>Thlaspi caerulescens</i>
Au cours d'une épidémie de mildiou, les chercheurs ont remarqué que les plants poussant sur des sols riches en zinc (photo de gauche) se portaient mieux que ceux poussant sur des sols pauvres (photo de gauche).

Les éléments-traces métalliques, autrefois appelés métaux lourds, sont généralement présents en très petites quantités dans l'environnement. Bon nombre d'entre eux, comme le zinc ou le cobalt, sont indispensables à la vie. Toutefois, dès lors que leur concentration augmente, même très faiblement, ils peuvent devenir toxiques. Or les activités humaines aboutissent souvent à leur accumulation dans la nature : déchets issus de l'exploitation minière, retombées atmosphériques liées à l'industrie et au trafic routier, épandage des boues de station d'épuration contribuent à polluer les sols de façon durable.

Dans ces milieux devenus extrêmes, les végétaux capables de résister à ce type de pollution se trouvent avantagés. C'est le cas de Thlaspi caerulescens, connue depuis longtemps pour sa capacité à pousser sur des remblais de mine fortement contaminés en métaux. Capable d'accumuler de grandes quantités de zinc et de cadmium, cette petite plante est considérée depuis quelques années comme une championne de la phytoremédiation (pratique consistant à utiliser des végétaux pour décontaminer des sols pollués). Cette faculté particulière permet à Thlaspi caerulescens de vivre sur des sols toxiques pour de nombreux autres végétaux, et de coloniser ainsi des lieux où la concurrence est moindre. Bizarrement, toutefois, les plantes de cette espèce vivant dans des milieux non pollués, où les métaux lourds sont présents en faibles quantités, ont aussi tendance à les accumuler.
Une question titillait donc les scientifiques : quel avantage peut bien retirer Thlaspi caerulescens d'une telle hyperaccumulation d'éléments potentiellement toxiques ?

La réponse vient d'être découverte par des chercheurs de l'université d'Oxford : Thlaspi caerulescens utilise ces éléments pour se défendre contre les infections. Les biologistes ont en effet démontré que les plants de T. caerulescens accumulant du zinc, du nickel ou du cadmium, résistaient mieux que les autres aux infections par Pseudomonas syringae, une bactérie ayant la mauvaise habitude de provoquer la nécrose des feuilles. Mais les auteurs de ces travaux ont également remarqué que les bactéries qui infectent ces plantes « métallisées » deviennent elles-même, au fil des générations, plus résistantes aux métaux lourds ! Une interminable course à l'armement...

Pour ceux qui veulent en savoir plus, la publication scientifique est ici. En anglais.

 

Posté par Lionel à 16h46
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07 sept. 2010
Sur les traces des géants
Couverture du guide critique de l'évolution

Vous pensez que Charles Darwin est un acteur anglais, que l'homme descend du singe et que la théorie de l'évolution est compliquée ? Alors il est temps pour vous de revoir les bases de l'une plus grandes conquêtes de la pensée humaine.

Pour cela, plusieurs solutions.
Lire le "Guide critique de l'évolution", rédigé sous la direction de Guillaume Lecointre, directeur du département Systématique et Évolution du Muséum national d'Histoire naturelle. Dans cet ouvrage, il est question d'évolution, mais pas uniquement. On y découvre également pourquoi une théorie aussi belle, aussi intellectuellement révolutionnaire, aussi parfaitement capable d'expliquer le monde vivant et, par conséquent, l'être humain lui-même, rencontre aujourd'hui encore tant d'obstacles et déchaine tant de passions.
On apprend surtout, en lisant ce livre, que l'histoire de la vie est fascinante, et surprend à coup sûr quiconque prend le temps de l'écouter.

Quant à ceux que la lecture rebute, ils peuvent télécharger (ou "podcaster", pour les plus aguerris) "Sur les épaules de Darwin", la très bonne émission de Jean-Claude Ameisen, immunologiste et président du Comité d'éthique de l'INSERM :
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/sur-les-epaules-de-darwin/

Comme nous le rappelle cet éminent chercheur, au Moyen Âge le philosophe Bernard de Chartres déclarait : « Ce qui nous permet de voir des objets plus nombreux et plus éloignés que nos prédécesseurs, ce n'est en aucun cas l’acuité de notre vision ou la hauteur de notre taille. C'est parce que nous sommes portés par la stature des géants qui étaient là avant nous. Nous sommes comme des nains assis sur les épaules de géants, les épaules des grands penseurs qui nous ont précédés. »

Cette semaine, Charles Darwin nous fait la courte échelle.
 

 

Posté par Lionel à 18h51
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03 sept. 2010
Concours RTE : les résultats sont parus
Bandeau gagnant RTE

Le Réseau de Transport de l'Électricité (RTE) organisait le mois dernier un concours permettant aux vainqueurs de gagner des entrées gratuites pour visiter les Grandes Serres du Muséum.

Il est à présent terminé, et toutes les places ont été distribuées aux heureux gagnants. Pour celles et ceux qui souhaitent consulter les réponses, rendez-vous sur le blog de RTE.

Posté par Lionel à 16h31
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30 juill. 2010
Biodiversité sous haute tension
encart blog RTE

Clémence Salvaudon et Philippe Bardin, botanistes du MNHN, ont réalisé un inventaire sous les lignes électriques haute tension gérées par le Réseau de Transport de l'Électricité (RTE). 
Ils ont notamment découvert que les mares situés sous ces installations abritaient non seulement des espèces rares, mais aussi des espèces potentiellement envahissantes, passagères clandestines de nos voyages commerciaux ou touristiques qui sont parvenues à s'acclimater à nos climats.
Dans le cadre de ce partenariat, RTE et le Muséum organisent un jeu-concours permettant de gagner des entrées pour les Grandes Serres du Jardin des Plantes. Plus d'informations sur le blog de RTE, à ces deux adresses :

http://www.audeladeslignes.com/sous-lignes-biodiversite-mnhn-2403
http://www.audeladeslignes.com/entrees-gratuites-gagner-grandes-serres-jardin-plantes


Posté par Lionel à 19h02
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28 juill. 2010
Le baiser de l'araignée
Misumena vatia et sa proie
Un syrphe malheureux a croisé la route de Misumena vatia dans le jardin écologique

Butiner peut devenir une activité dangereuse, si l'on s'approche un peu trop d'une fleur hébergeant Misumena vatia.
Outre sa technique de chasse à l'affût, cette petite araignée possède une étrange capacité : telle le caméléon, la femelle peut adopter les couleurs de son environnement. Enfin, dans une moindre mesure tout de même.

Pour faire plus ample connaissance avec madame, c'est par ici.

Posté par Lionel à 13h02
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09 juill. 2010
La beauté cachée des laids...
Photo macro d'araignée
Ces beaux yeux noirs ne valent-ils pas ceux d'un mignon petit lapin ? (© M. Swietek)
Photo de lépidoptère couvert de rosée
Les perles de rosée transforment ce papillon en bijou 100% naturel... (© M. Swietek)
Photo macro de libellule
"Comme vous avez de grands yeux..." (© M. Swietek)
Photo macro insecte
Nul besoin d'arpenter les forêts tropicales pour découvrir d'étonnants spécimens...
Photo de mouche couverte de rosée
Une mouche couverte de rosée attend le soleil matinal pour sécher (© M. Swietek)

Pour celles et ceux qui ne connaitraient pas encore les magnifiques photos de Miroslaw Swietek, deux adresses : celles des portfolios de l'artiste, situés sur ce site-ci et sur celui-là.

De superbes clichés qui redoreront peut-être un peu le blason des insectes et autres arachnides, souvent injustement mal-aimés...

 

 

Posté par Lionel à 11h03
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30 mars 2010
Aujourd'hui au Jardin des Plantes...

 C'est le printemps... 
(enfin !)

Posté par Lionel à 19h01
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Commentaires

Portrait de HerBiVoRe

Ca y est, ça bourgeonne de partout, et ça fait bien plaisir ! Voir la nature exploser dans tous les coins, ça rend joyeux =)

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29 mars 2010
Où il est question de culture de tomates, mais pas seulement...

En 1990, le célèbre Festival international du Film de Berlin décernait l'Ours d'argent du jury à un court-métrage brésilien intitulé l'Ile aux Fleurs. On y parle de la culture des tomates, du parfum des fleurs, et de bien d'autre choses...
Deux décennies et dix-sept récompenses plus tard, ces douze minutes de cinéma sont entrées dans la légende. Maîtrise de l'image, virtuosité de la narration, inventivité... À l'heure du 20ème anniversaire, les qualités qui ont fait de ce film un succès planétaire demeurent. Certes, l'oeuvre est certainement perfectible, les esprits chagrins y décèleront des manques, critiqueront certains partis-pris. Mais tout de même, quelle claque !

Pour celles et ceux qui n'ont encore jamais visité l'Ile aux Fleurs, et pour les autres qui ont l'envie (et le courage !) d'y retourner... 

En savoir plus :

- http://archive.filmdeculte.com/culte/culte.php?id=147

- http://www.berlinale.de/en/archiv/jahresarchive/1990/03_preistraeger_199...

- http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/documentaire_1045/di...

Posté par Lionel à 16h33
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